Un parc paysager au Ry-Ponet : une opportunité pour la métropole liégeoise

Des étudiantes du cours de Morphologie urbaine et intégration paysagère présenteront leur analyse du site du Ry-Ponet, le lundi 4 juin à 17 heures, à l’amphi 02 de l’Institut de Mathématiques (B37).

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Une pédagogie par le projet

Trois étudiantes de l’Université de Liège se sont attachées à analyser la qualité paysagère du site du Ry-Ponet dans le cadre du cours de Morphologie urbaine et intégration paysagère. Ce cours est au programme des ingénieurs civils architectes et du Master de spécialisation en urbanisme et aménagement du territoire.

L’objectif de ce cours est de former les futurs architectes et urbanistes à l’analyse des paysages, en combinant des approches sensibles, historiques et analytiques. L’enseignement est basé sur une pédagogie par le projet. Chaque groupe d’étudiant se voit assigné un territoire et un objectif précis qu’il doit aborder en combinant divers types d’outils et de méthodes. Le travail débute par une phase d’analyse et se conclut par des propositions d’intervention justifiées et dimensionnées en fonction du diagnostic réalisé.

L’ensemble du travail repose sur l’exploitation de Systèmes d’Information Géographique (SIG), qui permettent de croiser et traiter un grand nombre d’informations et de bases de données territoriales et urbaines. Nous utilisons dans le cadre du cours un logiciel gratuit Open Source, à savoir QGIS. Ceci permet aux étudiants de se former à l’utilisation d’un outil qu’ils pourront ensuite utiliser dans leur vie professionnelle, qu’ils travaillent dans une agence d’urbanisme ou d’architecture, dans des pays du nord ou du sud, pour des applications analytiques ou plus documentaires.

Le périmètre d’étude

Le logiciel QGIS permet de croiser des données historiques relatives au territoire (cartes Ferraris, Vandermaelen), des photographies aériennes et de réaliser des calculs sur base d’un modèle numérique de terrain. Une telle approche est indispensable lorsque l’on veut aborder l’intérêt paysager d’un site comme le Ry-Ponet dans le contexte de l’agglomération liégeoise.

Le périmètre d’étude, de 1.150 ha, est situé à l’interface entre les communes de Liège, Chaudfontaine, Beyne et Fléron (figure 1). Il est organisé autour d’un vaste espace vert, de 320 ha (+ 150 ha de zone tampon), bordé par une urbanisation compacte en fond de vallée de la Meuse et de la Vesdre, et plus diffuse sur le plateau.

Le Ry-Ponet est traversé par la ligne 38 du Ravel, qui remonte de Chênée à Fléron. Une partie importante du site est reprise en zone d’habitat et zone d’habitat à caractère rural au plan de secteur. Ceci signifie que, en l’absence de réflexion collective sur le devenir de ce vaste espace vert, il devrait se voir petit à petit grignoté par l’urbanisation…

périmètreFigure 1 – Périmètre de l’étude paysagère

Le site a fait récemment l’objet d’un important projet de développement, porté par la compagnie financière Neufcour, qui prévoyait d’y développer ± 520 logements. Ce projet a suscité une mobilisation importante des riverains du projet, qui ont alors formé le collectif Ry-Ponet afin de défendre une vision alternative pour le site (une des étudiantes du cours est membre de ce collectif). L’association Urbagora devait, pour sa part, formuler un premier projet de reconversion du site en parc métropolitain dès décembre 2014.

Considérant ces antécédents, nous avons demandé aux étudiantes du cours de développer une analyse du site et du projet proposé sur le modèle des études d’impact visuel et paysager.

Le Ry-Ponet : un espace ouvert témoin de l’anthropisation de nos paysages

L’analyse de l’évolution historique du Ry-Ponet met en évidence le caractère anthropisé du paysage (figure 2). Le relief naturel y a été profondément remanié suite à l’arrivée du chemin de fer et à l’exploitation minière. Le cours d’eau qui donne son nom au site a été enterré et les  boisements se sont peu à peu réduits pour faire place à l’activité agricole.

L’urbanisation s’est développée tout autour du site, suivant les lignes de croissance des vallées de la Vesdre et de la Meuse ainsi que de la nationale qui relie Liège à Herve. Cette urbanisation hybride, compacte dans les vallées et plus diffuse sur le plateau, a fini par enclaver complètement l’espace ouvert central.  Certains terrils ont été aplanis pour faire place à l’urbanisation ; d’autres subsistent et ont été valorisés à proximité de l’ancienne voie de chemin de fer.

historique
Figure 2 – Analyse de l’évolution historique du site

A côté de ces transformations importantes, on relève un certain nombre d’invariants, à savoir des structures paysagères préservées parfois depuis l’Ancien Régime : position dominante de la basilique de Chêvremont, ferme Sainte-Anne, massif du Bois de Beyne etc. L’ensemble de ces éléments, naturels et anthropiques, conforme un système dynamique, riche d’enseignements pour qui s’intéresse à l’évolution du rapport entre ville, industrie et espaces servant ces activités.

Le « vide » qui subsiste au Ry-Ponet n’est rien d’autre que l’envers du décor du passage de la ville industrielle à la ville diffuse. C’est, à ce titre, un paysage culturel, porteur de nombreuses traces du passé qui méritent d’être valorisées, à l’image de ce que l’on voit dans d’autres villes, qui ont choisi de préserver d’anciens paysages miniers au titre de leur valeur écologique, culturelle et didactique (voir par exemple le site de la Arboleda à Bilbao).

Un paysage reconnu et sensible

Le travail des étudiants met par ailleurs en évidence la présence de nombreux points de vues remarquables dans et autour du site du Ry-Ponet.

PIPs adesa
Figure 3 – Localisation des Points de vue remarquables et Périmètre d’intérêt paysager ADESA

L’asbl ADESA a été chargée, au début des années 2000, de relever des points de vue remarquable afin d’actualiser les zones d’intérêt paysager identifiées au plan de secteur. Le travail s’est basé sur une approche participative, associant les habitants et les associations locales. Ces points de vue ont fait l’objet d’une analyse systématique et d’une hiérarchisation.  On en compte pas moins de 13 au sein du Ry Ponet (figure 3). De ce fait, l’ensemble du site devait ensuite être reconnu comme Périmètre d’intérêt paysager par ADESA.

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Figure 4 – Analyse d’un point de vue remarquable (avant/après)

Les points de vues remarquables identifiés par Adesa en 2004 ont fait l’objet d’une nouvelle lecture paysagère dans le cadre du travail des étudiantes. Revisiter ces points de vue a permis de mettre en évidence d’éventuelles altérations et de compléter la caractérisation du paysage perçu à partir des points considérés. Chaque point a ensuite fait l’objet d’une fiche mettant en évidence leurs caractéristiques visuelles, les altérations éventuelles, ainsi que leur sensibilité par rapport à d’éventuelles modification dans le contexte (figure 4).

Une cartographie des bassins de visibilité

L’analyse de sensibilité est basée sur une analyse des bassins de visibilité (viewsheds) calculés sur base de QGIS à partir de chaque point de vue Adesa. Ces bassins de visibilité ont été superposés au plan de secteur afin d’identifier des vues plus ou moins menacées par l’urbanisation.

En complément, un bassin de visibilité cumulatif, portant sur la visibilité globale du Ry-Ponet a été calculé (figure 5). Il ressort de cette analyse que l’aménagement site du Ry Ponet est susceptible d’avoir un impact visuel considérable à l’échelle de Liège et de son agglomération.  Qui plus est, le site est fortement perceptible depuis un certain nombre de points de vue considérés comme de très haute valeur paysagère et écologique (comme la lande de Streupas par exemple).

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Figure 5 – Bassin de visibilité cumulatif de l’ensemble du site du Ry-Ponet

Enfin, le bassin de visibilité cumulatif de 8 points placés à différentes hauteur des principaux bâtiments du projet d’aménagement Haisse-Piédroux a été calculé. Ceci permet de mesurer directement l’impact visuel du projet immobilier sur son environnement direct et lointain.

Un benchmarking d’aménagements paysagers métropolitains

Le travail se conclut par une analyse comparative de dix parcs paysagers métropolitains, ceci afin de dégager différentes approches en matière de valorisation de parcs paysagers en Europe. Les parcs paysagers considérés dans le cadre de ce benchmarking sont les suivants :

  • Phoenix park – Dublin (Irlande) ;
  • Sutton park – Birmingham (UK) ;
  • Richmond park  – Londres (UK) ;
  • Steinhofgrunde – Vienne (Autriche) ;
  • Parc de la deûle – Lille (France) ;
  • Tempelhof – Berlin (Allemagne) ;
  • Quartier Teisseire – Grenoble (France) ;
  • Parc du domaine de Meric – Montpellier (France) ;
  • Parc du Scheutbos & parc roi baudoin – Bruxelles (Belgique) ;
  • Parc de la hulpe – Bruxelles (Belgique).

Une fiche d’analyse retraçant les motivations et modalités de l’aménagement du parc paysager est proposée pour chacun d’entre eux.

Vers un débat public associant l’ensemble des acteurs du dossier ?

Nous espérons que les analyses réalisées par ces étudiantes permettront de relancer la réflexion sur l’avenir du Ry Ponet.

Pour qu’une telle réflexion soit fructueuse, il nous paraît essentiel de disposer d’informations fiables et contrastées, sur le modèle de ce que l’on attend aujourd’hui dans le cadre d’une étude d’impact sur l’environnement. Or on sait à quel point le paysage reste bien souvent le « parent pauvre » de ces études d’impact, considérant qu’il relève plutôt du jugement qualitatif ou esthétique que de la démarche scientifique.

Sans vouloir nier la dimension subjective et personnelle de notre rapport au paysage, il nous paraît important de reconnaître également le paysage comme un bien commun, combinant dimensions matérielle et immatérielle. En tant que tel, il est susceptible d’être investi par des communautés plus ou moins importantes pour assurer sa viabilité et son entretien.

La réalisation d’un projet immobilier au sein d’un tel site ne conduit pas à détruire le paysage ou la vue, mais à les privatiser : seuls quelques uns auront désormais accès à la vue sur les vallées de la Meuse, de l’Outre et de la Vesdre. On peut bien sûr accepter une privatisation de certains paysages, sans quoi la ville ne pourrait plus se développer et se reconstruire sur elle-même. Nous considérons toutefois que cela doit être fait en connaissance de cause, en associant l’ensemble des parties prenantes au débat et en considérant l’ensemble des alternatives possibles.

Instrumenter l’analyse du paysage, à travers une cartographie des bassins de visibilité ou de l’évolution du territoire au cours du temps, n’a pour but de le sacraliser, au nom de vertus immanentes ou d’une prétendue objectivation scientifique. Il s’agit, plus modestement, de fournir des prises à un débat qui sera forcément contradictoire et politique, puisqu’il implique de repenser le rapport du public au privé.

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Densification versus extension de l’urbanisation en Wallonie

Je vous invite à participer à une présentation des travaux réalisés par notre équipe, le 28 mars prochain de 10h à 12h30 à l’IWEPS, intitulée :

« Densification versus extension : modélisation de deux scénarios d’urbanisation à l’horizon 2050 dans la perspective du stop béton en Wallonie »

Les données cadastrales pour 1990, 2000 et 2010 ont été utilisées afin de calibrer et valider des modèles d’expansion urbaine basés sur une combinaison d’automates cellulaires et de modèles à agents. Ces modèles permettent d’anticiper l’artificialisation du sol à l’horizon 2050. Les valeurs dérivées de la calibration et de la validation nous renseignent sur les dynamiques passées. Ces données de calibration sont ensuite utilisées pour les projections futures. L’originalité du travail réalisé tient dans le modèle développé, qui permet de modéliser différents niveaux de densité et les transitions entre ces niveaux de densité, alors que la plupart des modèles courants adoptent une approche binaire de l’urbanisation (construit versus non-construit). Le modèle développé au sein du LEMA couvre l’ensemble du territoire de la Wallonie.

La présentation se fera en français. Les slides seront en anglais.

Lieu et horaire : IWEPS, Route de Louvain-la-Neuve 2, 5001 Namur (Belgrade), salle C09, le mercredi 28 mars 2018 de 10h à 12h30.

L’inscription est gratuite mais obligatoire à l’adresse m.janssens@iweps.be jusqu’au 23 mars 2018 au plus tard en mentionnant votre NOM, PRENOM, ORGANISME.

Quelques articles de référence :

El Saeid Mustafa, A. M., Heppenstall, A., Omrani, H., Saadi, I., Cools, M., & Teller, J. (2018). Modelling built-up expansion and densification with multinomial logistic regression, cellular automata and genetic algorithm. Computers, Environment and Urban Systems, 67, 147-156.
http://hdl.handle.net/2268/215639

El Saeid Mustafa, A. M., Saadi, I., Cools, M., & Teller, J. (2018). Understanding urban development types and drivers in Wallonia. A multi-density approach. International Journal of Business Intelligence and Data Mining, 13(Nos. 1/2/3), 309–330.
http://hdl.handle.net/2268/215423

Mustafa, A. M. E. S., Van Rompaey, A., Cools, M., Saadi, I., & Teller, J. (2018). Addressing the determinants of built-up expansion and densification processes at the regional scale. Urban Studies.
http://hdl.handle.net/2268/216594

El Saeid Mustafa, A. M., Cools, M., Saadi, I., & Teller, J. (2017). Coupling agent-based, cellular automata and logistic regression into a hybrid urban expansion model (HUEM). Land Use Policy, 69C, 529-540.
http://hdl.handle.net/2268/215176

Conférences Projet Urbain 2017-18/2

Cycle de conférences organisé par l’Université de Liège / Faculté des Sciences Appliquées – Faculté d’Architecture, la Haute Ecole Charlemagne, la Ville de Liège et le GRE – Liège. Programme 2017-2018 (2/2)

La ville autrement, l’urbanisme temporaire à Paris • 07.03.2018 / 17h30
Emilie Moreau, Atelier Parisien d’Urbanisme

La révolution numérique et l’essor de l’engagement citoyen ont induit l’émergence de nouveaux modes d’action dans la ville. La puissance publique est ainsi amenée à développer des outils renouvelant la participation citoyenne dans le cadre de nouvelles formes d’engagement, centrées sur des usages temporaires et éphémères de la ville. Des collectifs s’organisent pour occuper des espaces vacants, ce qui contribue à révéler le potentiel de ces lieux à travers de nouveaux usages, parfois imprévus. Cette présentation sera l’occasion de faire le point sur les initiatives d’urbanisme temporaire développées au sein de la Métropole du Grand Paris ces dernières années, tel que le projet emblématique de l’ancien site de l’Hôpital Saint-Vincent de Paul.

Le téléphérique urbain de Toulouse • 14.03.2018 / 17h30
Cyril Ladier, responsable du projet auprès de Tisséo

Toulouse, cinquième métropole de France doit gérer la mobilité au sein de son territoire. Les transports en communs offrent déjà une série de solutions classiques, tels que métro, bus à haut niveau de service, tram, etc. Pour compléter les réseaux structurants existants, le choix du téléphérique urbain s’est imposé afin de relier trois pôles importants en s’affranchissant des difficultés du relief local présentant un dénivelé de plus de cent mètres sur une distance de trois kilomètres. Le téléphérique pourra transporter plus de 1.500 personnes par heure et par sens pour un coût d’investissement inférieur à celui d’un tram ou d’un métro et pour un coût d’exploitation inférieur à celui d’une ligne de bus.

Mise en place de “Contrats Ecole” à Bruxelles • 28.03.2018 / 17h30
Valeria Cartes Leal, Perspective Brussels

Suite à l’expérience pilote menée au sein de 4 écoles bruxelloises en 2017, le Contrat École est un nouveau programme régional de rénovation urbaine, approuvé par le Gouvernement régional bruxellois le 23 novembre 2017. Un Contrat École a pour objectif d’intégrer au mieux une école dans son environnement et son quartier, par des aménagements du site scolaire et de son périmètre avoisinant. Il s’agit d’un partenariat conclu entre la Région de Bruxelles-Capitale, l’école concernée, son pouvoir organisateur et la commune où elle est implantée. Il implique également les associations de quartier, les habitants, les usagers de l’établissement scolaire et les gestionnaires d’équipements collectifs.

Le genre, une compétence intégrée dans les projets urbains • 25.04.2018 / 17h30
Pascale Lapalud, urbaniste, co-fondatrice de la plateforme d’innovation urbaine Genre et Ville. Cette intervention s’incrit dans le cadre de la semaine « Avril en Ville ».

Si les gender studies entrent timidement dans les études d’urbanisme et d’architecture, la place des femmes dans l’espace public reste un enjeu critique dans nos sociétés. Parler de genre et de villes, c’est comprendre les liens entre un système sociétal de domination et la production d’espaces urbains. Les questions de genre s’intègrent désormais dans les politiques publiques un peu partout, que ce soit dans les petites villes ou les métropoles. La Ville de Paris a choisi une démarche expérimentale pour rénover sept de ses grandes places. La place du Panthéon, emblématique par son monument, n’était qu’un parking. Aujourd’hui des femmes y flânent et s’y reposent. Comment s’opère cette fabrique ?

Centième Conférence Projet Urbain • 16.05.2018 / 17h30
Paola Vigano, Architecte et Urbaniste, Professeur à l’EPFL (Lausanne – Suisse)

Paola Vigano a fondé avec Bernardo Secchi en 1990, une agence d’architecture et d’urbanisme internationalement reconnue. Elle a eu l’occasion d’intervenir à plusieurs reprises en Belgique. Elle a enseigné dans plusieurs universités en Europe. En 2013, elle a été la première femme à recevoir le « Grand Prix de l’Urbanisme » en France. La qualité de sa production tant intellectuelle que professionnelle en fait une figure incontournable dans le monde de l’architecture et de l’urbanisme. A l’occasion de la Centième Conférence Projet Urbain, la venue de Paola Vigano, sera l’occasion de mettre en exergue les multiples dimensions d’une intervention urbaine, consiodérant son rapport au territoire et à la société.

Lieu: ULiège – Amphis Opéra, Salle Bovy
Place de la République Française 41, 4000 Liège
Entrée libre

 

Cinq projets pour le Grand Verviers

J’ai présenté les projets des étudiants Ingénieurs civils architectes réalisés dans le cadre de l’atelier « Projets urbains » de Master 2 dans le cadre des cours ouverts organisés par l’ULiège à Verviers.

Vous pouvez charger les documents via le lien suivant : Verviers MasterPlan.

Ces cours se base sur une pédagogie par la commande, qui repose sur une étroite collaboration avec les autorités locales, ici les communes de Verviers, Dison, Theux, Limbourg, Pepinster, réunies dans la Task Force Vesdre animée par le GRE Liège.

Nous sommes bien entendu à votre disposition pour commenter/présenter les travaux des étudiants

Un enjeu : le recyclage urbain

Du fait du contexte particulier des territoires impactés par le déclin industriel au sein des vallées de la Vesdre et de la Hoëgne, la thématique sous-jacente commune aux différents sites retenus concernait le « recyclage urbain » en vue de dégager de nouvelles pistes de développement pour l’avenir.

Les interventions proposées devaient s’appuyer sur les dynamiques territoriales en présence. Elles visaient à répondre aux enjeux actuels et des évolutions à venir de la ville, dans une démarche prospective des nouveaux usages urbains en considérant le contexte socio- économique spécifique de la région verviétoise.

Le déclin industriel de la vallée de la Vesdre

La vallée de la Vesdre et de ses affluents ont été le théâtre de développements industriels et urbains importants aux 19° et 20° siècles. Ces cours d’eau, à la fois source de force motrice et source d’eau de grande qualité pour le traitement des textiles, ont nourri et soutenu le secteur industriel lainier, portant la réputation de cette région à un niveau mondial dans l’immédiate après-guerre.

Par la suite, le déclin s’est imposé en raison de coûts de production non concurrentiels renforcés par le remplacement de l’économie de production par celle de la finance à partir des années septante. Ce changement de doctrine économique a par ailleurs conduit au niveau européen à délocaliser massivement les productions industrielles lourdes et impactantes en termes d’environnement vers des pays moins exigeants (au niveau environnemental, de la protection des ouvriers, etc.) et offrant des coûts de production inférieurs.

Depuis les années quatre-vingt, Verviers et sa région ne se sont pas remises de ce choc de désindustrialisation. Si les communes satellites ont été moins impactées, car présentant moins d’activités industrielles, Verviers et Dison subissent encore les conséquences de la mutation économique et de l’éloignement des grands centres de décision. Les territoires des communes concernées conservent en leur sein de nombreuses anciennes usines dont une partie des bâtiments restent à l’état de friches, renforçant ainsi le sentiment d’abandon perçu par de nombreux habitants.

Pour Verviers et Dison, en plus de l’impact des anciens sites industriels, le territoire a été perturbé en profondeur par la construction de voies de communication (autoroute, ring, trémie, percée, etc.) à la fin des années septante et début quatre-vingt qui a nécessité la destruction de quartiers en tout ou en partie. Des ruptures territoriales ont été ainsi imposées à un tissu urbain déjà fragilisé.

Une offre commerciale en voie d’évaporation…

A ces ruptures territoriales, viennent se greffer des modifications dans les modes de consommation qui ont des impacts au niveau du territoire. Les modes de consommation ont évolué avec le déclin des petites unités de commerces au profit d’un regroupement et d’une massification des espaces de ventes. Nombreuses grandes surfaces créées en périphérie avec dans leur sillage pléthore de boutiques ont « siphonné » la clientèle des petites unités, réduisant au fur et à mesure du temps l’étendue et l’attrait des anciennes artères commerçantes à un hyper centre.

La ville de Verviers a répondu relativement tardivement à cette dynamique de mutation commerciale, laissant s’échapper une partie de ses surfaces de vente, et, par-là, de sa zone de chalandise, vers l’agglomération liégeoise et le plateau de Herve, notamment.

Ce phénomène s’est encore accentué avec le projet de l’Outlet Mall sur le site de l’ancienne gare de l’Ouest, devenu le site Crescendo, avec florès de grandes surfaces attractives regroupées autour d’un vaste parking, localisé à proximité de sorties d’autoroute. Ce développement commercial pourtant proche du centre-ville, a de manière induite détourné les chalands des artères commerciales du cœur de ville, renforçant en cela le sentiment de « désertion » du centre. Ce phénomène s’est traduit par la multiplication de cellules vides. Un cercle vicieux s’est ainsi installé, où le nombre réduit de chalands induit une réduction de commerces qui induit à son tour la réduction de chalands… Signalons, enfin, que les aléas de concrétisation du projet de grand centre commercial en bord de Vesdre, annoncé depuis plus dix ans et maintes fois reporté, est venu encore aggraver cette instabilité commerciale locale.

Des défis liés à la multi-culturalité

Plus récemment, la région verviétoise a été touchée par le démantèlement d’une cellule terroriste d’origine bruxelloise qui s’y était installée. La stigmatisation médiatique qui s’en est suivie est venue alimenter les crispations au sein de la société, avec le renforcement de clivages socio-culturels pré-existants.

Rappelons à cet égard que de par son passé industriel et sa grande proximité avec les frontières, Verviers a toujours été une terre d’accueil pour les populations d’origine étrangère. Allemands, hollandais, polonais, italiens, espagnols, maghrébins, turcs, etc. ont fourni une main d’œuvre utile pendant des décennies, avec pour particularité que les primo-arrivants se regroupaient, généralement au niveau du quartier de Hodimont, avant de partir s’installer ailleurs sur le territoire.

Verviers totalise aujourd’hui plus de 120 nationalités différentes sur son territoire. Cette diversité culturelle peut être vue comme une des richesses de la ville, pour autant que celle- ci puisse s’exprimer dans un cadre intégrateur. Le rôle du centre-ville et du patrimoine local, en particulier industriel, ont de ce point de vue un rôle important à jouer. Verviers et sa région doivent en effet recomposer leur avenir en se reconstituant sur les bases d’un passé jadis florissant, en articulant les différentes couches et origines de la société entre elles pour générer un « nouveau récit » mobilisateur et intégrateur, à l’image d’autres villes post- industrielles.

Acupuncture plutôt que thérapie lourde

Différentes stratégies de régénération urbaine ont vu le jour ces dernières années dans les territoires post-industriels tels que la région verviétoise. On a vu ainsi des villes miser sur des attracteurs culturels majeurs (Bilbao, Lens, Metz), sur une reconversion profonde du centre- ville aux fins d’attirer des acteurs économiques (Sheffield), sur la mobilisation de l’économie créative (Nantes, Porto) ou encore sur la revalorisation du patrimoine industriel (Emsher, Turin).

La démarche qui sera adoptée à Verviers est encore au stade de l’ébauche. On peut néanmoins affirmer dès à présent qu’elle devrait reposer sur une forme d’acupuncture urbaine, inspirée en cela des propositions de Marco Casagrande. La disproportion entre enjeux en présence et moyens disponibles pour la rénovation urbaine est en effet criante encore. L’urbanisme tactique est sans doute la seule modalité d’action susceptible de répondre à ce hiatus.

Il s’agit dans cet esprit d’équilibrer les interventions entre centre et périphérie, sachant que la périphérie verviétoise et sa nébuleuse de villages reste attractive pour les jeunes ménages. Il s’agit là d’un atout à ne pas sous-estimer. Dans le même temps, une ville sans centre urbain actif ne peut conduire qu’à un renforcement des clivages sociaux et culturels, les habitants de la ville n’ayant plus de lieux communs et donc d’expériences à partager.

Vers un cadre négocié à l’échelle de la région urbaine

L’idée germe depuis plusieurs années au sein de la région verviétoise que l’avenir de la ville devra passer par la mise en place d’un cadre négocié, qui articule un certain nombre d’interventions dans le temps et dans l’espace au sein des cinq communes de la région urbaine. La mobilisation de ce potentiel de reconversion fait explicitement partie des ambitions de la Task Force pilotée par le GRE. Son objectif est d’élaborer un Master Plan pour la reconversion du territoire de la vallée de la Vesdre, à l’instar du Master Plan de Seraing réalisé voici une dizaine d’années.

Le plan CATCH pour la reconversion du site de Caterpillar

Thomas Dermine, Consultant en charge de la relance économique du bassin carolorégie et Benoît Moritz, Architecte & Urbaniste, Associé du bureau MSA nous présenteront le plan Catch pour la reconversion du site de Caterpillar à Charleroi, le mercredi 29/11 à 17h30, dans les Amphis Opéra (Salle Thiry).

Caterpillar annonçait en septembre 2016 la fin de ses activités sur le site de Gosselies. Cette décision devait entraîner la perte de plus de 3.000 emplois (directs et sous-traitants). Ce n’est qu’au terme de longues négociations que Caterpillar a accepté que le site de Gosselies, totalisant plus de nonante hectares, soit cédé pour l’Euro symbolique à la Région Wallonne. C’est que ce site se caractérise par un potentiel de reconversion économique assez unique à l’échelle de la Wallonie, en raison de sa taille et de sa localisation exceptionnelle, le long de grands axes autoroutiers et de l’aéroport de Brussels South.

Un Groupe d’Experts, sous la présidence de Jean-Pierre Hansen, a été mandaté par le Gouvernement Wallon pour définir des axes d’accélération de la croissance de l’emploi dans la Région de Charleroi au départ du Plateau Nord de Gosselies. Une douzaine de chefs d’entreprises ont ainsi travaillé de novembre 2016 à mai 2017 avec IGRETEC et le Comité de Développement Stratégique de Charleroi Métropole pour arrêter les termes d’un plan ambitieux, visant le court et le moyen terme. D’ici 2025, l’ambition du plan CATCH est que la région compte entre 133 et 137 000 emplois, ce qui correspondrait à un taux de croissance annuel moyen de 0.8 à 0.9% entre aujourd’hui et 2025, en ligne avec l’évolution prévue de l’emploi wallon.

Il résulte de ce travail un plan d’accélération baptisé Catalysts for Charleroi – CATCH en abrégé. Quatre secteurs décisifs pour le futur, charbon du Charleroi de demain ont été identifiés dans le cadre du plan : 1. L’industrie manufacturière de pointe, 2. Les transports et la logistique, 3. Les industries du vivant, 4. Les secteurs à la croisée du créatif et du digital.

Au delà de ces priorités en matière de développement économique, le plan CATCH repose sur l’affirmation de l’importance de la qualité urbaine pour remailler la zone nord de Charleroi. Il s’agit ainsi de transformer l’Aéropôle en un cadre de travail connecté et de qualité en misant sur une requalification des espaces publics, de manière à favoriser un urbanisme de proximité favorisant les échanges entre entreprises et travailleurs (logique des clusters).

Cette manière de concevoir l’urbanisme, combinant temps court et temps long des interventions, associant aménagement du territoire et pilotage économique, intégrant des écosystèmes industriels de nature différentes (manufacturières, logistiques et digitales), nous paraît exemplaire d’une nouvelle manière de faire la ville.

Ceinture Aliment-Terre Liégeoise

Christian Jonet nous présentera le projet de la Ceinture Aliment-Terre liégeoise, le mercredi 15/11 à 17h30, dans les Amphis Opéra (Salle Thiry). Soutenir les circuits courts alimentaires, c’est une manière de lutter contre l’étalement urbain et de promouvoir un développement territorial plus durable.

Le projet de la Ceinture Aliment-Terre liégeoise s’inscrit dans le cadre du mouvement international des « villes en transition ». La relocalisation de la production agricole y apparaît comme un moyen pour transformer la ville et son rapport à la périphérie, à travers des projets de maraichage et d’agriculture locale portés par des petits producteurs, des collectifs d’habitants et la chaine de distribution locale de produits alimentaires.

Cette dynamique territoriale sert plusieurs objectifs dont notamment, le fait de viser une souveraineté alimentaire locale, de développer les circuits courts alimentaires, d’aider à la remise au travail de personnes en développant une économie locale, de repenser un modèle d’agriculture et d’élevage soutenable, de mobiliser les citoyens et acteurs locaux dans un projet collectif et participatif.

Le développement d’une agriculture urbaine et rurale locale a été récemment intégrée dans le Schéma de développement territorial de Liège Métropole (présenté le 13/09/2017 aux élus de l’arrondissement).

Ce Schéma de développement territorial se structure autour de 11 enjeux et de 4 grandes ambitions territoriales. L’une de celles-ci n’est autre que le développement de l’agriculture alternative et des circuits-couts alimentaires, avec la mobilisation progressive de 100 ha/an pour le développement de ce type d’agriculture et le développement de nouveaux emplois dans le secteur, en phase avec les objectifs de la Ceinture Aliment-Terre liégeoise.

Rappelons ici que l’agriculture a un rôle à jouer dans la lutte contre l’étalement urbain à travers la viabilisation de terres agricoles localisées au sein de la ville ainsi que dans sa périphérie. Elle apparaît à ce titre comme un levier d’un projet urbain plus durable et plus solidaire pour la ville.

 

L’eau en ville : un matériau pour les urbanistes

J’ai donné ce lundi 6 novembre une conférence sur l’eau en ville. Cette conférence était organisée dans le cadre du module développement territorial « Grand Verviers » mis en place par l’Espace Universitaire de l’ULiège.

J’ai parlé de Bordeaux, bien sûr, mais aussi Liège, Namur, Bruxelles, Nimègue, Hanovre. En essayant de mettre en évidence les défis sociaux, écologiques et paysagers liés au « retour l’eau en ville », après deux siècles d’enfouissements et d’invisibilisation de cette ressource paysagère, environnementale et sociale.

Ma présentation est disponible via ce lien. Beaucoup d’images, peu de texte sur les transparents…